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Les stations d’épuration CCNBT
La CCNBT assure elle même la régie de l’épuration des eaux sur son territoire. Le service Exploitation, situé dans la ZAE de l’écosite, est chargé de la surveillance et de l’entretien des 4 stations d’épurations traitent les effluents des 22 000 habitants de la CCNBT :
- Le lagunage de Mèze-Loupian, situé à Mèze
- Le lagunage de Poussan-Bouzigues, situé à Poussan
- Le lagunage de Montbazin,
- La station d’épuration mixte de Villeveyrac.
La technique du lagunage
Le lagunage est une alternative écologique à la station d’épuration traditionnelle. Misant sur l’action naturelle des micro-organismes, qui dégradent efficacement la matière organique, il permet de minimiser l’impact des rejets de l’activité humaine dans le milieu naturel.
Il est apparu dès les années 80 comme la solution assurant le traitement bacteriologique le plus efficace pour le milieu sensible du bassin de Thau.
Les eaux usées domestiques qui sont acheminées vers la station de lagunage sont essentiellement composées de quatre types de polluants :
Les déchets solides
Une unité de prétraitement permet une séparation mécanique des gros objets en opérant dégrillage systématique avant toute entrée dans le lagunage.
- La matière organique représente l'ensemble des déchets pouvant être naturellement éliminé par des organismes vivants présents dans les bassins de la station de lagunage.
La station de lagunage de Mèze-Loupian est composée de plusieurs bassins qui sont chacun ensemencés de différentes bactéries. Le processus de dégradation se fait selon une succession bien définie de dégradations spécifiques :
- Dans les six premiers bassins les bactéries anaérobies vont provoquer une minéralisation qui va transformer 70% à 80% de la matière en eau, sels minéraux, et gaz.
- Ces composés vont s’écouler par trop plein vers un second bassin, pour être utilisés par les phytoplanctons (ou les plantes selon le lagunage) dans leur processus de photosynthèse. Le lagunage de Mèze utilise des microphytes telles que les algues vertes, bleues, brunes ou rouges, qui ne demandent pas l’entretien contraignant des plantes traditionnelles.
- La finition du traitement se fait dans les trois derniers bassins. Les bactéries qui se sont développées dans les effluents vont être consommées par différentes espèces de zooplancton (protozoaires, Métazoaires), régulant ainsi l’alimentation et la population de phytoplancton.
Les micro-organismes
La présence de germes de contamination fécale (comme les coliformes fécaux) sont symptomatiques d’une présence de germes pathogènes (protozoaires, bactéries, virus) qu’il faut éliminer pour éviter toute contamination de l’étang.
Le rôle bactéricide des ultra violets solaires, le phénomène des compétitions avec les espèces autochtones, la production de substances inhibantes ou bactéricides naturelles (antibiotiques par exemple) par certaines bactéries et micro-algues, la durée du cycle d’épuration longue ainsi que le choc thermique et le stress salin subit en sortie de station favorisent la disparition naturelle de ces germes.
Au final sur des concentrations mesurées à 108 coliformes totaux pour 100 ml en entrée, l’abattement est d'au moins 99,99 % en sortie, celui-ci augmentant avec la durée du séjour, le nombre des bassins ou la température.
Les produits d'entretiens et détergents dissous
Les produits d’entretien sont biodégradées par le lagunage lors de processus physicochimiques et surtout biologiques, comme la croissance des micro-organismes.
Cette charge polluante est exprimée en DCO (Demande Chimique en Oxygène). Pour diminuer cette valeur, on peut réaliser une aération mécanique : elle accélère le processus d’oxydation de ces molécules.
La qualité de l’eau en sortie
Le rejet, affiné de sa charge et clarifié, fait l’objet de mesures physico chimiques et microbiologiques à la fois dans les bassins et dans l’étang de Thau.
La matière en suspension se réduit à une charge planctonique peu porteuse d’eutrophisation dans une masse d’eau comme l’étang de Thau, d’autant plus que certains lagunages sont équipés de « rock filters » constituant un filtrage horizontal.
Il faut noter que les volumes d'autorisation de rejet pour la matière en suspension imposé par la réglementation sont plus élevés pour les stations de lagunage que dans les stations d’épuration classique du fait de la plus grande concentration en micro-organismes épurateurs (algues et zooplancton) en sortie.
Atouts et Contraintes du lagunage du bassin de Thau
Le lagunage présente des avantages au regard de l'ensemble des techniques de traitement des eaux usées.
Les nombreuses techniques présentes (physico-chimiques ou biologiques, intensives ou extensives, séparatifs ou unitaires), sont chacune adaptées au type d'effluents qu'il lui faut traiter (selon la concentration, le volume, le type d'effluent...).
Les atouts :
- Faible coût d'exploitation, notamment en terme de masse salariale
- Bonne intégration paysagère
- Système respectueux de l'écosystème fragile du bassin de Thau
- Bonne élimination des pathogènes, de l'azote et du phosphore
- Production de boues moins importante (qu'une station classique de type " boues activées "), très minéralisées et donc peu fermentescibles
- Curage peu fréquent (1 fois tous les 10 ans dans les premiers bassins) et boues plus facilement valorisables
- Bien adapté pour les petites communes ayant des fortes augmentations de population estivale
- Coûts de fonctionnement faibles (peu ou pas d'électricité)
- Bien adapté au réseau unitaire (les eaux pluviales jouant un bon rôle de dilution pour de fortes charges ponctuelles : vendanges par exemple)
- Faible technicité requise pour l'exploitant, surveillance régulière mais uniquement hebdomadaire du fait de la rusticité du système.
Les contraintes :
- Contrainte si l'installation nécessite une imperméabilisation du sol (argile ou géo membrane)
- Besoins fonciers conséquents
- Variations saisonnières de la qualité d'eau de sortie, compensée par une modulation de la capacité des bassins (système de réglettes restreignant les débits entre bassins)
- Nécessité d’extraire les boues
- Ne traite pas le phosphore et l’azote de façon assez poussée
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